Maison par Sota Atsumi

C’est l’histoire d’une maison idéale qui n’aurait qu’une seule pièce, la seule qui compte vraiment pour nous : la cuisine. Direction rue Saint-Hubert dans le 11ème arrondissement où, timide comme un pavillon de banlieue monté à la capitale, cette maison aurait pu encore rester invisible pour de longues années. Heureusement, un discret logo dessiné par David Lynch est apposé en guise d’enseigne comme pour rassurer les critiques du Fooding qui n’aiment pas la banlieue. Yes les gars, vous êtes bien arrivés et pas de stress, vous êtes toujours dans le 11ème.

IMG_9859Passé la porte d’entrée, on débouche dans un immense hall dépouillé façon galerie d’art branchée, un peu à poil entre deux expos. Mais très vite on comprend que l’action se déroule à l’étage, alors on monte les marches quatre à quatre pour atteindre la mezzanine, attiré par la bonne odeur de feu de bois et le bruit des conversations qui se rapprochent. Parfois certains grand chefs aiment installer une petite table dans leur cuisine pour cajoler au mieux François-Régis Gaudry, au pire quelques influenceurs aux followers achetés, ici c’est l’ensemble des clients qui est invité à festoyer dans cette immense cuisine habillée de tomettes du sol au plafond, comme une déclaration d’amour à la campagne. Résultat : on se prend immédiatement d’affection pour cette très longue table d’hôte et ses trois satellites qui font face à l’îlot-scène derrière laquelle fourmillent le petit Jésus japonais et ses apôtres en culotte de velour. On est au coeur de l’action, attention, « et maintenant, Atsumi il va chanter ! ».

IMG_9877Formé chez Robuchon et Troisgros avant de gagner ses galons de rockstar des foodistas vino-naturistes chez Pierre Jancou (Vivant), Sota Atsumi s’amuse ensuite au Clown Bar avec ses tapas stylés avant d’occuper cette étrange maison tout à lui. Son Menu est la parfaite synthèse de son CV : du classique de chez classique, des cuissons de chez cuisson, du produit de chez produit, le tout illuminé par une touche de fantaisie minimaliste. Après s’être déclenché le palais avec une bisque d’étrilles électrique et quelques excellents amuse-bouches haddock et porc noir, il faut voir Atsumi fredonner la Saint Jacques, siflotter la truite sur une eau de tomate, chanter le Saint Pierre rôti au laurier à l’ombre d’un cèpe entier, entonner le chevreuil de l’Avesnois en deux couplets : d’abord en carré saignant avec sa compoté de coings et le croquant d’une romaine, puis en Pithivier associé au choux rouge et au foie gras, véritable orgasme bourgeois avant la ballade des desserts. Quelle belle montée en puissance du chef : on passe du tapas de ses années Clown à des assiettes de plus en plus généreuses et même en se limitant au petit menu (90€) on en a clairement pour son argent.

Arrivé au terme de cette très jolie expérience gastronomique, on serait injuste de ne pas saluer le merveilleux service en salle qui connait par coeur les partitions du chef et surtout : qui y croit à 100% – il faut voir Aurélien annoncer ses assiettes avec des étoiles dans le yeux. A chaque fois qu’il dépose un plat devant vous, on a l’impression qu’une Star is Born ! Pensez bien à prendre vos places à l’avance et n’oubliez pas, le carré or c’est… assis au bar, face au chef !

Menu à 55€ au déjeuner, 90€ et 140€ au dîner. Réservation (en ligne) indispensable.

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